je la fumerais cette foutue clope


Quand la clope s'éteindra




______J'ai toujours appris à considérer la vie comme une cigarette. Vous l'allumez du même geste, la posez sur vos lèvres sales et impures et vous tirez. Vous tirez jusqu'au jour ou vous voyez le filtre se rapprocher dangereusement de votre bouche. Au fil des années, le tabac n'a plus le même goût, plus il se fume, moins vous sentez les aromes qui avant grisaient vos sens. Et vous voyez toujours ce stupide filtre qui se rapproche inexorablement et qui commence à vous brûler légèrement les doigts. Je le vois trop proche ce filtre. J'ai trop tiré sur ma clope. J'aurai voulu émouvoir cette masse de gens transpirants qui auraient touché mes écrits de leurs gros doigts. Les faire rire mais surtout pleurer car les larmes sont plus difficiles à faire naître. Parce que passer sa vie dans l'ombre avec comme seul véritable ami, un stylo accompagné d'une feuille, cela veut forcément dire que vous avez un but à accomplir. J'avoue que j'aurai trouvé ça particulièrement jouissif de faire pleurer ces coquilles vides dénuées de sentiments. Aujourd'hui quel est mon but ? Je suis persuadée que cette question raisonne dans des millions d'esprits tout aussi accaparés que le mien. Je doute avoir vraiment un but, ou plutôt un avenir. Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne me vois pas dans une vie ordinaire à placer du fric dégoûtant sur un compte tous les mois, à servir docilement un patron qui se masturbera en pensant à tous ces gens sous ses ordres, ou faire de la lèche pour avoir une augmentation. Que vais-je devenir ? Une patronne fortunée, grisée par son succès, son argent, à assouvir ses plus anciens réflexes de domination ancré dans son être. Ou peut être une mendiante appelée vieille putain par les gens de la ville, qui demandera avec un air de pitié une petite pièce qu'elle économisera pour acheter sa ration quotidienne de drogue et qui attrapera des bouts de papiers, cartons, pour écrire et gribouiller ce qui aurait pu être un best seller. Probablement un peu des deux me souffle ma plume.
______Je sais qu'elle aurait tout donné pour découvrir la vie. Celle qui s'écrit avec un V majuscule et qui nous emporte dans des tourbillons de souvenirs, de joies renouvelées. Elle aurait voulu jeter cette apparence qu'elle se force à revêtir chaque jour pour ne pas titiller la susceptibilité du public, jeune comme âgé. Elle vit a travers un miroir qui lui renvoie une image déformée d'elle-même, lui laisse entrevoir la réalité et l'emprisonne dans ses mots. Ce miroir qu'elle aurait voulu casser à grand coups de livres à la couvertures de cuir. Et caresser ensuite les débris au sol dont les bords tranchants seraient encore humides du sang des livres dans lesquels elle s'était tant investi. Son propre sang en fait. Écrire pour oublier, écrire pour émouvoir et toucher, écrire pour vivre et pour dire avec les lignes ce que sa bouche n'aura jamais été capable de dire. Les années ont passé, se sont tues dans le creux des lettres, se sont oubliées. Mais les phrases ne s'envolent pas, ne disparaissent jamais. C'Est-ce qu'elle essaie de dire aux autres, elle ne veut rien laisser de nouveau sur cette terre, trop de misères ont déjà été inventées, elle veut juste atteindre l'immortalité grâce à ce que son âme écrit. Elle donne l'image d'un pantin, vulgaire marionnette dont les gens tiennent les fils et jouent avec d'une manière grotesque. Cette marionnette ne veut pas avoir de nom.
______J'ai senti que quelque chose clochait, le jour ou j'ai grandis. Quel horrible verbe vous ne trouvez pas ? J'ai constaté que les gens semblaient passer leur vie à chercher quelque chose et que par le plus grand des hasards, ils ne trouvaient jamais ce quelque chose. Voila les mots en version simple que je m'appliquai à décrire à ma mère. Puis la maturité naquit dans mon esprit, jaillis comme une bulle de lumière qui m'avait fait tant souffrir. Vous vous souvenez de l'histoire de la cigarette ? Et bien déjà jeune, j'étais une grande, une très grande fumeuse.


je la fumerais cette foutue clope

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 16:48

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 05:00

les rêves qui me tenaient à coeur ne sont devenus que des cauchemards déguisés et sournois

Un rêve


______Comme toutes les petites filles j'avais un rêve qui me tenais à c½ur. Contrairement à la majorité des rejetons de ces monstres de copulation inutile, je ne voulais pas le prince sur son beau cheval blanc. Il me paraissait trop lointain pour être réel et devait garder sa place dans mes stériles petits dessins animés du dimanche. Je voulais, voir. Voir ce que les adultes me cachaient, quand ils me mettaient les mains devant les yeux. C'est peut être stupide, immature, de vouloir voir le monde mais c'était mon seul but si on peut appeler ça comme ça, sachant qu'a mon âge d'avant, le mot but n'est pas approprié. Je me rebellais, refusais que l'on me bêtifie. Et j'ai finis par accéder a mon ... but. J'ai vu . Et la je me suis traitée d'imbécile, c'est ça que j'avais voulu voir ? Il n'y a rien, rien de beau. Voila l'image du monde que je me suis faite en entrant dans cette phase de vie. Cette image que les gens m'ont mis dans la tête comme un véritable bourrage de crâne. Je persiste a dire que les nazis sont en civils de nos jours et qu'ils se servent d'Internet et des journaux, magasines en tous genre pour nous bourrer la tête. Déjà qu'elle est bien vide inutile d'en rajouter. Les gens voyez vous sont fiers de se faire baiser par les plus forts de nos jours. J'appelle ça du viol consenti.
______Elle aimait les petites choses simples de l'enfance, ces choses qui lui étaient données facilement. Comme de se lever le matin, jouer avec ses voisins au temps chaud de l'été, courir dans les champs et tomber sur les pierres qui lui écorchaient les genoux au sang mais elle se relevait toujours pour courir encore plus vite. C'était simple, l'imagination lui donnait des ailes, lui faisait atteindre ce bleu du ciel qu'elle contemplait tout le temps. Maintenant elle avait cette sensation de pourrir, d'exhaler une odeur de moisi. De crever sur place comme un stupide rat qu'on aurait empoisonné et qui a présent, agonise dans ses égouts. Ses égouts c'est le monde. Et elle les arpente toujours avec le même pas ferme mais aux muscles tremblants d'hésitations. Parce qu'elle attend toujours ces paroles divines «  viens avec moi, je t'emmène la bas » mais c'est ou la bas ? Elle ne sait pas ou se trouve cet endroit, elle le cherche mais n'y arrivera pas seule. Mendiante du monde. Elle voit son image déformée par le bois de sa guitare désaccordée.
______Je continue encore d'entendre la mélodie qui m'a accompagnée toute ma vie, celle avec des rythmes irréguliers, des sons par moment dissonants, des octaves désagréables et des dièses qui viennent gâcher certaines mesures de la partition. Mais putain, cette mélodie est magnifique, elle me parle toujours autant. Rentre dans mes tympans percés, passe en coup de vent devant mes yeux voilés, elle est puissance, l'entendez vous aussi ? Ou n'êtes vous devenu que des enveloppes de chairs et de muscles hermétiques à toute émotion ? Cela me désole de penser pour la deuxième solution. J'ai passé tant d'heures à rester assise et a réfléchir sur ce que je ne pouvais ou ne voulais pas comprendre. L'impression de tourner en rond, d'avoir vu ce que je voulais voir, d'en avoir terminé. Et maintenant je cherche du renouveau, histoire de pas continuer a me dire, bon ben maintenant que tu as tout vu, tu sais ce qu'il te reste a faire. Rêver a été pour moi, et pendant un long moment, un mot inconnu, dont la définition m'avait profondément échappée et restait ancrée dans un dictionnaire interdit. Je peux donc dire que le mot rêve allait de paire et que lui non plus ne me caractérisait pas. Maintenant, après avoir grandis je me dis «  il est passé ou ce débile rêve de prince sur son cheval blanc ? »
Enterré avec ton innocence ma pauvre







les rêves qui me tenaient à coeur ne sont devenus que des cauchemards déguisés et sournois

# Posté le dimanche 06 juillet 2008 06:03

faut pas se leurér on est tous des proies quelques part.

Prédateurs et proies



Je voudrais avancer plus loin, me dire que ce n'est pas encore la fin. Les gens, mes semblables, appellent ça de l'espoir. Moi j'appelle ça faire un pied de nez à mon double. Oui celui qui me guette et m'attend au tournant, me murmure à l'oreille de sa voix éc½urante qu'il sera la à me surveiller si jamais je retombe. C'est cette silhouette d'ombre qui me pousse à aller vite, à ne jamais m'arrêter, quitte à mourir épuisée de fatigue, je veux mettre le plus de distance entre lui, mon passé, et ce que je suis en ce moment. Oui la petite chose qui court comme une dératée sur une piste cahoteuse. Peut être diriez vous que c'est fuir, fuir ce que je dois affronter. C'est de l'autoconservation. Après tout, c'est peut être moi que je fuis. Je sais que vous comprenez ou je veux en venir.
Elle jette par moment un coup d'½il en arrière, sur les débris qui restent de sa vie. Ce champ de ruine ou gisent encore ses souvenirs dévastés, son esprit brisé, tout ce qu'elle a laissé en arrière, en abandon dans l'herbe haute. Cet endroit désert à présent, ou l'emprunte de ses pas désordonnés témoignent encore d'une vie. Des traces de passages qu'elle utilisait fidèlement, l'esprit agité de transes incompréhensibles. Elle revoit les fantômes derrière son épaule qui agitent sombrement leurs mains translucides. Combien de temps encore vont-ils la hanter à chaque fois que ses yeux se ferment.
Il y a des choses susceptibles de me rouvrirent les paupières trop longtemps restées fermées. Elles étaient définitivement closes je croyais. Ces choses la sont le peu de personnes sur qui je peux compter. Ceux qui me rassurent au lieu de m'effrayer comme le reste du monde. La seule chose que je sais faire également me permet de tenir une petite bulle d'air au creux de mes lèvres, écrire. Caresser les mots sur le papier. C'est le seul contact qui ne me répugne pas. Le contact de l'esprit qui s'épanche sur un autre support que le physique. J'ai mentit. Toute ma vie n'est qu'un immense mensonge ou les autres essayaient de me persuader de telles ou telles choses, ou moi-même je teintais de me faire croire à quelques choses qui n'existaient en fait pas. Les gens n'avouent pas leur mensonge, étrangement seules leurs qualités ressortent au grand jour. Moi je préfère encore dire que je suis une saleté de menteuse arrogante et laisser le choix aux autres de s'attarder la dessus ou de passer outre pour connaître le fond du fond. Fut un temps ou je me demandais si je pourrais ressentir comme tout le monde, de l'amour de la joie simple, des choses semblables à beaucoup d'autres. Ce temps la est révolu, je ne cherche plus à ressembler à ceux que je qualifie gentiment de mouton. Oui des moutons qui suivent bêtement sans réfléchir car on leur a dit de le faire. Parce que c'Est-ce qu'on attend d'eux.
Se laisser commander par des gens dont l'ego était d'une taille monstrueuse, se rabaisser devant leur ombre, celles qu'ils projètent sur elle. Elle n'avait jamais aimé ça et se jurait, petite, de ne pas se laisser diriger par ces gens la. D'être libre. En grandissant on lui a dit que tout ce qu'elle avait cru possible, ne se réaliserait jamais. Que le monde dans lequel elle vivait était régis d'une loi. Les plus forts commandent les plus faibles. Il lui fallait donc être dans le clan de ce qui dévorent les autres pour espérer pouvoir respirer sans autorisation ? La aussi cela ne lui convenait pas. En y réfléchissant bien, elle avait pu comparer le règne humain au monde animal. Il y avait la aussi, des prédateurs et des proies. Les prédateurs se prélassaient et ne rechignaient pas à détruire une vie et les proies quand a elles, vivaient dans la plus grande soumission. C'était un peu comme elle, avant, elle aurait voulu être un prédateur mais s'était rendue compte que comme tellement d'autres, elle était une simple proie.



faut pas se leurér on est tous des proies quelques part.

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 10:59